Voyeurisme est sûrement un des mots qui caractérisent le mieux le travail de Sophie Calle, artiste française, connue depuis 1983 du public français grâce à un feuilleton d’été écrit dans Libération. Celui-ci se basait sur la découverte fortuite d’un agenda, restitué après photocopies et qui lui fournit la matière de son travail. Il s’agit de s’introduire dans l’intimité d’autrui et d’en rendre compte, platement, sans effet si ce n’est le plus important, l’effet produit par cette démarche peu commune. De même suit-elle un inconnu dans les rues de Venise ou se fait-elle elle-même volontairement prendre en filature, pour offrir ensuite La Filature, deux récits de ses journées, le sien et celui du détective. Nul effet du hasard, la démarche vaut en elle-même.
De même a-t-elle reproduit deux fois l’expérience de faire dormir des personnes dans son lit, de les photographier et de décrire ce qui se passe : " Je voulais que mon lit soit occupé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, comme ces usines où on ne met jamais la clé sous la porte. J’ai donc demandé aux gens de se succéder toutes les huit heures pendant huit jours. Je prenais une photographie toutes les heures. Je regardais dormir mes invités.. "
En 1986, dans Les Aveugles, elle interroge des aveugles sur leur vision de la beauté, en 1996, elle demande à des gens à Berlin de commenter des inscriptions trouvées sur les murs.
L’art, pour elle, a une fonction thérapeutique. Le film No sex last night (1992) et l’installation Douleur exquise (1984-2003) sont fondés sur des amours déçus.
" Il est plus facile de faire un projet quand on souffre que quand on est heureux. "
Voilà en peu de mots et cela ne lui rends pas assez hommage, le travail de Sophie Calle, une série de démarches étranges, attirantes que vous pouvez découvrir jusqu’au 15 mars 2004 au centre Georges-Pompidou.
Sur Sophie Calle
Sophie Calle. M’as-tu vue
, catalogue de l’exposition du Centre Pompidou 2003, Editions du Centre PompidouMémoire de maîtrise de Lettres modernes sur la " photographie " de Sophie Calle " :
http://www.ifrance.com/nachtergael/
Sophie Calle