Les larmes de l'assassin
Anne-Laure Bondoux
Bayard jeunesse, 2004
Prix Sorcières 2004

Résumé de la quatrième
L'homme et la femme Poloverdo avaient un enfant qui poussait comme le reste sur cette terre, c'est-à-dire pas très bien. Il passait ses journées à courir après les serpents. Il avait de la terre sous les ongles, les oreilles décollées à force d'être rabattues par les rafales de vent, et s'appelait Paolo. Paolo Poloverdo. C'est lui qui vit venir l'homme, là-bas, sur le chemin, par un jour chaud de janvier. Cette fois-là, ce n'était ni un géologue, ni un marchand de voyages, et encore moins un poète. C'était Angel Allegria. Un truand, un escroc, un assassin.

Contenu

Sec et froid dans le ton mais fin et tendre dans la peinture de ces étranges personnages, Les Larmes de l'assassin est un beau texte. Brutal par la violence de l'intrigue, par la rudesse d'Angel, l'assassin, il s'adoucit dans l'évocation du lien qui se noue, tendre, essentiel pour chacun, entre le meurtrier et le petit Paolo, sa victime. Cet étrange père d'adoption n'a qu'une peur, être détrôné, perdre cette place occupée par hasard. Et son petit grandit, avec ou contre lui mais sans jamais rompre le lien. La lecture, la musique, la peinture sont autant d'expériences fabuleuses pour l'enfant, autant d'occasions pour Angel d'avoir peur car il n'a aucune culture et craint toujours de perdre celui qui est devenu son fils. Le cadre nous permet de plus de nous évader un peu, dans un paysage inhabituel, dans le grand sud du Chili. Un bon roman donc, âpre, déroutant, original.

Intérêt pédagogique
Difficile à exploiter autrement qu'en lecture personnelle, à conseiller à des adolescents assez mûrs pour apprécier ce roman initiatique austère par son sujet. Les lecteurs peu courageux ou n'appréciant pas les romans psychologiques risquent de s'ennuyer.






Age : à partir de 15 ans
Auteur : Anne-Laure Bondoux