La Nouvelle-france (1534-1760)

La colonie royale, le cadre du d�veloppement


En 1662, la colonie de Nouvelle-France reste peu d�velopp�e, son peuplement atteint � peine 2500 � 3000 habitants et l�Evang�lisation reste mod�r�e. Seule la fourrure constitue une source de richesse exportable mais les massacres des Hurons par les Iroquois entre 1648 et 1652 (destruction de la Huronie) coupent la colonie de cette ressource pr�cieuse. Louis XIV, d�sormais roi absolu, d�cide de doter la Nouvelle-France d�une administration comme toute province Fran�aise pour structurer son d�veloppement, c�est alors le d�but de la colonie royale.

  • Mise en place d�une administration royale :

    Jusqu�� pr�sent l�administration �tait assur�e par des compagnies de commerce, d�sormais :

    Un gouverneur est nomm�, repr�sentant le roi. Il et charg� des affaires militaires et des relations ext�rieures (notamment avec les Am�rindiens). Il d�tient l�autorit� sur l�arm�e.

    Un intendant se charge des questions judiciaires et �conomiques. Il est responsable de l�ordre public. Le d�veloppement �conomique et d�mographique de la colonie est sa mission essentielle.

    Un conseil souverain dispose du pouvoir l�gislatif et la cour de justice. Il enregistre les �dits du roi et constitue une cour d�appel.

  • Acc�l�ration d�un peuplement qui reste relatif :

    La majorit� des habitants �tant des hommes, le roi envoie de jeunes femmes � marier pour augmenter les naissances. Ces � filles du roi � au nombre approximatif de 850 arrivent en Nouvelle-France de 1663 � 1673 depuis l�Ile de France, Rouen ou la Rochelle avec un trousseau, voire une dote. En 1683, le peuplement atteint 10 000 habitants et pr�s de 90% du peuplement vient d�sormais des naissances et non de l�expatriation. Mais cette politique de peuplement a eu ses limites, un arr�t� du roi de 1668 interdit aux Huguenots de peupler le Canada au risque qu�ils s�entendent avec l�ennemi anglais protestant au sud, dans les colonies anglaises d�Am�rique. Globalement l�effort d�mographique n�est pas � la mesure proportionnelle pour un pays de 20 millions � l�Epoque (contre 6 en Angleterre qui elle expatrie 70 000 habitants dans les colonies Am�ricaines). Les Antilles, autres colonies Fran�aise atteignent d�j�, dans les ann�es 1660, les 8 000 habitants contre 2500 au Canada.

    De n�est qu�au XVIIIe si�cle que le Canada compte environ 60 000 habitants contre pr�s de 2 millions dans les treize colonies anglaises d�Am�rique.

  • R�formes �conomiques et d�veloppement :

    Un poste de raite des fourrures Jean Talon, premier intendant, se charge de r�former le syst�me seigneurial en modifiant les attributions de terre pour optimiser la production agricole. Il tente de diversifier l��conomie conscient que la fourrure seule ne peut suffire d�autant plus que le r�seau est incertain depuis la disparition des Hurons. Talon tente de diversifier les activit�s �conomiques et investit dans la construction navale, d�veloppe le commerce avec les Antilles, initie une production industrielle de lin � partir duquel sont con�u en France les coiffes alors � la mode � la fin du XVIIe si�cle.

    Talon est confront� � l�ins�curit� de la colonie qui freine le d�veloppement �conomique. Les Iroquois font peser une menace constante. La France envoie donc en juin 1665 un r�giment de 1200 hommes dont les offensives am�nent � un trait� de paix.

    Les rapports que Jean Talon envoient � Versailles sont nourris d�une certine forme d�exag�ration dans les statistiques de production navale, sur le nombre des naissances ou de mariages. Toutefois son action r�formatrice accompagna la transformation de la colonie, essentiellement politique car les initiatives �conomiques s�av�rent �tre des �checs. Ce personnage historique jouit encore d�une forte renomm�e au Qu�bec, fruit d�une historiographie qui enjolive le personnage et son action au XIXe et XXe si�cles. Quelques historiens cependant t�chent d��quilibrer l�image, c'est le cas de Marcel Trudel.

    C'est au d�but du XVIIIe si�cle, apr�s 1713, que la colonie conna�t une �poque de d�veloppement �conomique encourag�e par une p�riode de paix jusqu�en 1744. En 1735, et pour la premi�re fois depuis le d�but de la Nouvelle France une route relie Qu�bec et Montr�al le long du cordon de vie de la Nouvelle-France favorisant ainsi les �changes.

    La France renforce sa position par la construction de la forteresse de Louisbourg sur l��le Royale, face � l�Atlantique, dont le d�veloppement rapide est essentiellement bas� sur la p�che � la morue. La production agricole permet maintenant d�exporter les surplus aux Antilles � partir de 1720. Les cultures du lin ou du chanvre fournissent les mati�res premi�res agricoles � exporter. S�ajoute l�exportation de bois, l�exploitation du fer mais les fourrures restent encore le premier produit export�. Une industrie de forge et un chantier naval royal sont �galement cr��s. Cependant le budget de la colonie reste essentiellement investit dans les projets militaires de d�fense quand ce n�est pas de Versailles, o� vit le Roi, que provient les fonds. Le co�t de construction de la batelerie royale de Qu�bec est ainsi pris en charge en 1691.